Jean Klein s'inspire principalement de la doctrine indienne de la non

dualité, qu'il a largement contribué à faire connaître en Europe.

 

« Le mot pratique signifie généralement habitude. Nous devons utiliser le yoga pour devenir de plus en plus conscients de notre corps et de notre esprit. Nous devons voir que le corps est le territoire des peurs, des anxiétés, des défenses et des agressions. Cependant, l’on doit se pencher surtout sur la présence, sur l’écoute. Ce qui importe, c’est d’approfondir la connaissance de ce territoire de tensions et de voir que la projection d’un « je » en est la raison. Ce « je » n’en est pas distinct, il lui appartient. Quand ceci est bien clair, les tensions n’ont plus de complice, la perception est libre et l’énergie se retrouve dans sa totalité. L’approche traditionnelle passe par l’écoute du corps, mais non par sa domestication ; lui imposer une loi est une violence. On peut balayer le plancher ou laver la vaisselle tout en étant à l’écoute, cela ne fait aucune différence. »

extrait de L’insondable silence, Éditions Les Deux Océans, 

 

 

Eric Baret, disciple de Jean Klein, enseigne en Europe et au Canada, le yoga hérité de la tradition tantrique du shivaïsme du Cachemire.

 

«Qu'entendez-vous par "vider" la pose ?"

La mise en repos de toute la structure musculaire, nerveuse

permet à la pose de se révéler, à l'énergie de se propager. C'est la libre circulation de ces énergies, concrétisation de la conscience sur le plan subtil, qui va sacraliser la pose.

Le point de départ pour un réel "vidage"est l'acceptation sans restriction de la sensation du non-vidage, des tensions. Se donner totalement à la sensation qui se présente, sans vouloir la changer. Visualiser, mémoriser ou projeter un corps hypothétique

est un éloignement. Juste ressentir, constater ! Ne pas se concentrer sur la sensation, ce serait violence. Laissez se présenter dans votre écoute non préhensive, les différentes connotations sensorielles. La perception apparait et s'y résorbe. C'est la sensation qui est en mouvement, qui sollicite votre attention. Rien à faire, rien à penser.

Dans votre laisser-faire, les tensions vont pouvoir petit à petit monter à la surface, librement sans être bloquées par des réactions, des compensations. C'est uniquement ce "laisser-vivre"des tensions qui va amener un certain dégagement. Vous n'êtes plus collé à la sensation, elle est devenu "objective".

Restez sur un plan sensoriel : Quel est le ressenti ? Est ce froid, chaud, sec, humide, en expansion, en restriction, clair, obscur, lourd, léger, etc ? Vous découvrez une richesse sensorielle impressionnante. Voilà ce que pourrait être une première approche du vidage. Mais ce n'est que la base pour d'ultérieurs éveils conscients des prolongations énergétiques du corps et de sa purification par le souffle.

extrait de Le yoga tantrique du Cachemire, Editions le Relié Poche,